Ivan est un ami dont la passion me touche particulièrement : les minéraux. Je l’ai connu grâce à son site internet, Dragon d’Opale, où j’y ai trouvé des pièces magnifiques. J’ai vite compris qu’il était passionné, hyper engagé et plein d’enthousiasme vis-à-vis des pierres.

Interview – Ivan de Dragon d’Opale

Quand je vois la beauté de ce qu’il propose, je ressens un profond amour et engagement dans le fait de mettre en valeur ces cadeaux en provenance  de la terre. On peut dire qu’Ivan fait honneur aux minéraux ! Cet article sera sous forme d’interview, dans laquelle Ivan répondra à mes questions pour nous partager sa passion, son chemin, et ce qu’il offre au monde.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Oui, bonjour cher Arthur, merci beaucoup à toi pour cette interview.
Je suis donc responsable et créateur de l’entreprise Dragon d’Opale, spécialisée dans la tailles de pierres fines et ornementales de qualité montées sur bijoux en argent. J’ai fait des études supérieures en arts appliquées et tout particulièrement en histoire de l’art, spécialisé dans les arts, techniques et civilisations, d’où cette recherche personnelle sur l’histoire des pierres à travers les civilisations, je donne des conférences à ce sujet comme l’obsidienne et les civilisations olmèques, mayas et toltèques;  le jade et les dynastie chinoises;  les agates et jaspes du plateau du Daccan et l’Antiquité;  l’ambre de la Baltique et Rome… une conférence est d’ailleurs programmée en novembre prochain à Lyon pendant le salon des minéraux.

 

Comment s’est passé ta rencontre avec les minéraux, et comment as-tu décidé de te lancer dans Dragon D’Opale ?
J’ai toujours eu un attrait depuis mon plus jeune âge pour les minéraux et comme beaucoup de gamins nés dans les 70’s , j’ai hérité de la collection de pierres de mon père et j’ai donc commencé à collectionner les minéraux,  spécialement les fossiles sous-marin (oursins et divers coquillages) dans du calcaire, nombreux dans la région de mon enfance, le Pas-de-Calais. J’ai trouvé mon premier poisson fossilisé complet à l’âge de 10 ans, j’y passais des journées complètes avec mon burin et mon marteau !
J’ai commencé le commerce des pierres après avoir  suivi une formation de géobiologue auprès d’un vieil ami Yann Lipnick, qui se spécialisait pour cette discipline à l’époque. Cette nouvelle expérience, notamment par l’étude des êtres invisbles (lutins, gnomes, fées…) m’a de nouveau rapproché des minéraux avec lesquels la plupart de ces êtres sont liés.  Puis j’ai soudainement arrêté car la politique commerciale et humaine des divers grossistes avec lesquels je travaillais et les conditions d’extraction tant humaines qu’au niveau écologique me déplaisaient trop. Puis quelques années après, j’ai suivi une formation auprès de mon maître lapidaire avec lequel je continue toujours de travailler à Jaipur en Inde. Ce qui m’a permis ensuite avec mes contacts lors de mes voyages d’avoir un suivi sur les pierres de leur extraction à la vente au public. Cela a donné naissance à Dragon d’Opale en 2010.

Est-ce qu’on peut dire que tu es passionné et amoureux des pierres ?
Oui bien sûr, depuis 12 ans, je voyage plusieurs mois dans l’année à la recherche de minéraux pour les tailler, je visite les musées et  j’étudie les civilisations à travers l’utilisation des minéraux dans l’art et la bijouterie. C’est une véritable passion qui est devenue mon métier !

Quelle sorte de relation a-t’on avec les minéreaux ? Y-a-t’il une dimension qui dépasse le physique?
Tout dépend des personnes, bien sûr ! Je remarque, hélas, que le monde de la minéralogie, attirent aussi de nombreuses personnes intéressées d’avantage par le gain de l’argent que représente dans l’imaginaire collectif les gemmes précieuses. C’est une des principales raisons pour laquelle certaines pierres, je pense à la turquoise, est aujourd’hui à 80 % soit reconstituée, soit une fausse pierre teintée, soit stabilisée dans des résines d’époxy, soit une fausse pierre en plastique, etc…
Pour ma part, à partir de mes recherches, de mes expériences et de mon vécu personnel, c’est évident qu’il y a une dimension qui dépasse le physique !  Des études récentes comme celle du professeur Luc Montagnier, Prix Nobel, sur la mémoire de l’eau nous ouvrent une compréhension scientifique de l’homépathie par exemple, et par extension de la lithothérapie (le soin par les pierres), au moins au niveau de leur composition chimique.
Je pense à mon homéopathe qui me disait dernièrement que mettre mes granulés sous mon oreiller est aussi efficace que de les ingérer ! Quand on parle du saturnisme avec les minéraux contenant du plomb cela n’étonne personne ! Alors que lorsque je conseille à quelqu’un de mettre une hématite (fer spéculaire) dans sa poche, pour augmenter par « action homéopathique » la teneur en fer dans le sang et donc son oxygénation pour fluidifier le sang,  certaines personnes appelle  cela du « charlatanisme », bien que ce soit mainteant prouvé cliniquement par les naturopathes allemands !  J’ai, à ce sujet, reçu de nombreuses lettres de remerciement pour ces petits conseils comme l’utilisation de l’améthyste pour se détendre et bien dormir, ou la topaze impériale contre la dépression… Notre métier attire aussi des charlatans, car ce n’est pas mon métier de guérir les gens, je ne suis pas praticien de la santé et d’ailleurs la loi me l’interdit, je présente juste de jolies pierres, récoltées, taillées et polies et ensuite montées en bijoux avec coeur ! Quand je vois des personnes qui vendent des pierres de soin en prétendant à une personne gravement atteinte, comme d’un cancer par exemple, que telle pierre va le guérir, c’est un scandale bien sûr ! Le sujet est vaste, nous pourrions également évoquer les structures cristallines et notre façon d’appréhender le monde , où la chromathérapie, le soin par les couleurs, (remboursée par la sécurité sociale en Suisse) et les pierres gemmes, ou l’aryuvédisme indiens et les minéraux à travers les métaux, les massages de pierres chaudes , ou les propriétés des pierres selon les croyances des peuples et des civilisations et leurs formes pensées collectives (égrégores) etc…

Parle-nous de tes voyages pour trouver de si belles pièces ?
C’est grâce à ces voyages ayant comme thématique la recherche et l’étude des minéraux que je me ressource à la rencontre des mineurs et des artisans et des passionnés ! A l’heure du tourisme à outrance , tant dommageable au niveau écologique (bétonisation, vols d’avion, décharges dans la nature…) qu’au niveau sociologique et humain, le fait de voyager pour travailler avec une éthique forte m’enrichie beucoup en échanges humains et culturels. J’ai toujours pensé que l’amitié et l’écologie devaient prévaloir au business. Ces échanges m’ont permis de tisser un réseau mondial de personnes dont j’apprécie les méthodes et la philosophie de travail et avec lesquelles je travaille pour trouver toutes ces merveilles  de la nature. C’est sans doute la clé qui a permis à Dragon d’Opale d’être apprécié par de nombreux « lithothérapeutes » et d’être cité dans des ouvrages de lithothérapie.

Quelle éthique adoptes-tu dans le circuit de Dragon d’Opale ?
J’ai répondu en partie à la question précédemment, j’ajouterais un partenariat en Inde dans la création d’un atelier de taille de pierres et pour leur montage en bijoux, il y a quelques années. Je voyage en famille et mes enfants ont grandi avec ceux de mon associé en Inde, c’est toujours l’amitié qui prévaut chez Dragon d’Opale. Nous avons cherché parmi les meilleurs artisans avec lesquels collaborer, nos règles de travail sont strictes,  les montages de bijoux toujours réalisés de façon traditionnelle à la main, avec des métaux précieux sans aucun additif chimique ou ajout de nickel, sans colle… Je travaille et supervise toute la taille de mes pierres à l’atelier, ce qui me permet d’affiner au fil des années mes choix dans l’achat de minéraux bruts et de parvenir à cette qualité unique que je présente en France.

Peux-tu nous montrer quelques-unes de tes pierres et créations actuelles ?
Oui bien sûr, c’est toujours un grand plaisir de partager ma passion en présentant mes nouvelles trouvailles en avant-première pour ta page avant le salon minéralogique de Paris ce mois ci ! Ces nouveautés permettent de bien comprendre mon travail et mon éthique : tailler avec le plus grand soin les plus jolis spécimens minéralogiques disponibles actuellement et les mettre en valeur le plus simplement possible sur des bijoux de qualité (les pierres sont présentées de gauche à droite et de haut en bas)

De nouvelles pierres cuprifères (issues de mines de cuivre), une rare shattuckite donnant ce bleu ciel profond unique dans le monde minéral en provenance du Katanga en République démocratique du Congo.
Une chrysocolle avec cuprite marron rouge dans la partie inférieure de la pierre du  désert de Sonora, sud du désert d’Arizona aux US.A., terre des indiens Yakis, connue par les écrits de Carlos Castaneda.
Deux magnifiques azurite-malachite de la mine près de Lumbumbashi en République démocratique du Congo, connue pour donner la malachite actuellement extraite par des mineurs indépendants.
Une rare azurite massive du Katanga en République démocratique du Congo, taillée à la surface du minéral où on apperçoit les motifs mamelonnés de sa structure de formation.
Une magnifique et rare chrysocolle avec graphismes d’azurite du Pérou.

Le très rare Mara Mamba d’Australie, une variété d’oeil de tigre unique avec de nombreux graphismes et couleurs, que l’on trouve uniquement dans les chaînes de montagnes de Hamersley, dans la région de Pilbara en Australie occidentale.  Le Mara Mamba est extrêmement âgé et s’est formé lorsque la Terre était encore très jeune et ne contenait que peu ou pas d’oxygène dans son atmosphère. Il est composé de quartz (blanc), de goethite (doré, jaune), d’hématite (rouge et orange), de riebeckite (bleu) et d’hématite et de magnétite (noir, métallique).

 

 

Une pierre que j’affectionne toujours à tailler pour sa diversité de couleur et de motifs, toujours de belles surprises à la taille et surtout un grand merci aux amis mexicains de me fournir les plus jolis spécimens ! L’agate crazy Lace ou également connue au Mexique sous le nom de « Piedra risa », la pierre du rire ou de « Happy Lace agate », elles est associée aux fiestas mexicaines ensoleillées et à la danse, cette pierre très populaire au Mexique est censée apporter la joie à ceux qui la portent.

 

 

Un super joli mélange en provenance d’un des plus beaux endroits au monde, la réserve Massaî du Serengeti au pied du Kilimanjaro en Tanzanie. Le rubis zoisîte est un minéral toujours unique par l’association de ces deux minéraux, ici la meilleure qualité avec des rubis étoilés, un travail de patience pour obtenir ce superbe polissage entre deux pierres à la forte différence de dureté !

 

 

 

Une pierre longtemps confondue avec la pierre de lune, la labradorite blanche ou pierre de lune arc-en-ciel en provenance de l’Inde. La labradorite blanche de qualité est de plus en plus difficile à trouver !

 

 

Pendentifs de protection Stromboli, des talismans de protection aux fortes énergies telluriques du volcan Stromboli dans les îles éoliennes créés par nos soins, ancrage et protection. Avec les laves les plus anciennes du Stromboli, basalte rose à rouge riche en fer de type gabbro avec péridotites renfermant de l’olivine, de l’amphibole, de la spinelle et du grenat. De l’obsidienne noire de l’île de Lipari. Pierres récoltées par nos soins

 

 

 

Ma trouvaille de l’année en direct de Russie, pays avec lequel je commence à travailler actuellement et dont je vais présenter prochainement une collection de pierres inédites en occident. Des raretés absolues : eudialyte et astrophyllite mélangées des monts Khibiny dans la péninsule de Kola en Russie.

 

 

Je travaille actuellement sur une nouvelle collection de bijoux d’inspiration Art Nouveau, basé sur le nombre d’or et les chakras avec des pierres très belles et très puissantes. Ici le chakra de la gorge avec une aigue-marine et une apatite bleue électrique !

 

 

Où peut-on en découvrir plus sur ce que tu proposes ?
Actuellement surtout sur ma page facebook Dragon d’Opale https://www.facebook.com/DragonDOpale/, qui me permet de communiquer sur mes dates d’exposition, sur mes voyages et mes nouveautés  ainsi que de proposer des pierres et promotions à la vente.
Vous pouvez également consulter mon vieux site https://www.dragondopale.fr ainsi que le  nouveau site de vente de bijoux en ligne que je vais très prochainement arrêter, à cause de problèmes de gestion des stocks des produits tous uniques et faute de temps à pouvoir y consacrer https://odragons.com
Il sera bientôt remplacé par un nouveau site non commercial compilant toutes mes recherches et mes voyages minéralogiques sur lequel nous travaillons actuellement.

Un dernier mot pour finir ?
Merci beaucoup pour cette longue interview, j’espère avoir été assez concis et intéressant et que je n’ai pas lassé tes lecteurs, Arthur ! Je les remercie vivement de m’avoir lu ! Je remercie également tous mes clients et amis , ainsi que mes collaborateurs qui m’ont permi depuis une dizaine d’année de vivre cette magnifique aventure en famillle !
Je travaille actuellement sur un livre, dont le titre provisoire est le « grand guide des pierres taillées »  et qui est un résumé de l’ensemble de mon travail, de mes recherches et de mes voyages à travers l’utilisation des minéraux et de leurs croyances par les grandes civilisations. J’ai pu découvrir à travers ce travail et toutes ces rencontres autour des minéraux, des faits improbables qui mettent en lumière des points ignorés ou contradictoires avec l’histoire officielle. La parution du livre était fixée avec l’éditeur pour le salon des minéraux de Sainte-Marie aux mines en juin 2019. J’ai souhaité reporter cette date afin de me permettre de réaliser un ouvrage plus abouti notamment sur le nombre de pierres taillées présentées (plus de 300) et sur la  qualité des photos de minéraux et de pièces de musée présentées. Il me reste beaucoup de travail, de voyages, de musée à (re)visiter, de pierres à (re)photographier et de collectionneur et de passionnés à (re)rencontrer !
Je serais le week-end prochain au salon des minéraux, fossiles et météorites du Luxembourg et dans 15 jours à Paris !